Espaces de travail de demain : un futur réjouissant... Mais des enjeux RH massifs !



Nous sommes en France en 2025. Félix est un ingénieur quadragénaire habitant dans la grande banlieue d’une agglomération européenne.


Comme 25% des collaborateurs des sociétés, il n’est pas en CDI mais vend ses compétences à une entreprise donnée, le temps d’un projet. Attaché à son indépendance, il ne propose pas ses services via un CV mais par l’intermédiaire de sa marque personnelle, appuyée par les multiples recommandations de son réseau de clients et de la communauté d’experts à laquelle il appartient. Adresse personnelle… Adresse professionnelle : ces notions n’ont plus cours : sa seule adresse pérenne est désormais son adresse IP.


Adresse personnelle... Adresse professionnelle. Ces notions n’ont plus cours : sa seule adresse pérenne est désormais son adresse IP.

Ce matin, comme tous les jours, il travaille chez lui, tout en envisageant de passer cet après-midi au siège de la société qui l’emploie.


Un coup d’œil sur l’écran de son salon lui permet de vérifier que des espaces de travail y sont disponibles. Grâce à ses lunettes biométriques, il réserve un poste d’un clignement d’œil. Parallèlement il se connecte à une réunion en télé présence malgré la proximité de ses enfants : la technologie permet désormais de gérer au mieux les nuisances sonores et de créer instantanément une bulle de silence autour de lui.


Une prise de note automatique par un robot assistant, permet à chacun d’être concentré sur les enjeux de la réunion, qui se conclut en moins de 30 minutes par l’envoi du compte-rendu dans chacune des langues, associée par défaut au profil de chaque participant.


Un nouveau coup d’œil à l’écran de son salon lui permet de choisir un moyen de transport adapté. La massification du travail à domicile et l’abandon progressif de la détention d’un véhicule individuel ont favorisé des transports en commun désormais rapides, sûrs, désengorgés (les ‘heures de pointe’ n’existent plus), permettant de demeurer connecté grâce à des accès haut débit permanents.


Durant son déplacement, Félix se connecte à une nouvelle réunion mais opte cette fois-ci pour le recours à son avatar pour l’y représenter. Ce dernier, par son apparence et ses expressions, sera le fidèle reflet de son état d’esprit du jour.


Son avatar, par son apparence et ses expressions, sera le fidèle reflet de son état d’esprit du jour.

Arrivé à l’un des six sites de la société qui l’emploie et ceinturent l’agglomération (on ne parle plus de siège social mais de ‘Working Hubs’), Félix renoue avec un campus incarnant fortement la marque et les valeurs de son employeur. Les employés venant peu sur ce site, tout y est fait pour leur faciliter la vie et entretenir un ‘Affectio Societatis’ minimal avec la société qui les emploie.


Un système de reconnaissance faciale permet à Félix d’être identifié et de disposer pour la journée d’un badge recyclable, lui donnant accès aux seuls espaces dont il a besoin.


L’utilisation de ses espaces lui sera automatiquement facturée à la fin du mois.


Effectivement, la notion de bureau attribué a disparu depuis la fin de la décennie 2010. Désormais, l’Activity Based Workplace est généralisé : chacun navigue au fil du temps qu’il passe sur le campus dans différents espaces, en fonction des activités à réaliser. D’occupants d’espace(s), les collaborateurs sont devenus consommateurs des diverses déclinaisons d’un lieu.


Félix ayant un recrutement à mener, il rejoint un box dans lequel l’attend son candidat. A l’écran figure le ‘book projets’ de celui-ci et ses contacts de référence, prêts à être appelés. L’entretien est filmé et sera transmis à Félix pour qu’il puisse le visionner de nouveau, avant de prendre une décision.


Des collaborateurs passant d'un statut d'occupants d'espace(s) à celui de consommateurs des diverses déclinaisons d'un lieu.

Suite à cet entretien Félix rejoint un espace de créativité avec son équipe : le mobilier, l’éclairage, l’isolation acoustique, la présence d’un mur interactif : tout y a été conçu pour profiter d’une séance de brainstorming et de réflexion fructueuse. Une imprimante 3D est même disponible dans cette salle modulaire, afin que chaque participant reparte avec un exemplaire à date du produit sur lequel ils travaillent. Au cours de la session, un robot maître d’hôtel est passé à deux reprises pour proposer aux participants des rafraîchissements.

Désireux de mettre la dernière main à un mémo qu’il doit à son client depuis plusieurs jours, Félix s’arrête devant un écran et vérifie qu’une place en ‘Quiet Room’ est disponible. Cet espace, à la lumière tamisée, pourvue d’un brouilleur de signal permet à ses visiteurs de travailler en silence. Le mobilier, hautement modulaire, permet à Félix de rédiger son mémo debout comme il le fait habituellement. En fonction des droits qui lui ont été accordés, Félix sauvegarde le document en une version unique dans le cloud. Son statut d’expert ‘platinum’ sur ce projet, lui permettra d’accéder à ce document depuis chez lui si nécessaire. Ce n’est pas toujours le cas.


Sortant de la ‘Quiet Room’ et prêt à rentrer chez lui, Félix croise Adnan. Ce dernier est Directeur Financier et RH de la société qui emploie l'ingénieur. Ce cumul des fonctions est désormais courant dans un monde où la tertiarisation de l’économie, la chasse aux talents, les nouvelles formes de travail et la systématisation de la collaboration ont contraint les entreprises à articuler systématiquement leurs enjeux de performance financière avec la gestion de leurs ressources intellectuelles et de leur capital humain.


Adnaan échange d’ailleurs avec Kathy, l’ex-DRH de la société désormais W&WO (Work & Wellness Officer) : elle se consacre désormais totalement à l’articulation entre le travail et le bien-être de la communauté des salariés et des experts dont a besoin son entreprise.

Auparavant folkloriques, les classements portant sur la qualité de l’environnement de travail des donneurs d’ordre (on ne parle plus d’employeurs) sont désormais scrutés par les collaborateurs avant de prendre toute décision pour une embauche ou une mission.


Des DAF cumulant désormais systématiquement une fonction de DRH... côtoyant des Work & Wellness Officers.

En repartant dans une navette connectée, encadré par un jeune garçon jouant sur un écran et un couple de touristes découvrant une vidéo sur les ‘hot spots’ de l’agglomération, Félix réfléchit à sa prochaine mission. Il se dit qu’avec son niveau d’expérience, il pourra négocier un droit de ‘LinkedOut’ c’est-à-dire la possibilité, dans ce monde désormais hyper connecté et fondé sur l’ubiquité, de se déconnecter officiellement durant des plages horaires données.

Effectivement, contrepartie d’un monde professionnel où hommes et femmes ne sont plus des salariés mais des ‘entrepreneurs’, consommant des espaces ergonomiques, bourrés de technologie et conçus pour favoriser la productivité et la fluidité des échanges, les contrats de travail ou de mission prévoient une clause de ‘LinkedIn’ c’est-à-dire d’accessibilité permanente.


Le statut ne se définit plus par l’équipement technologique, une voiture de fonction ou un bureau de grande taille, mais par un droit officiel à la déconnexion.


Le droit à la déconnexion - LinkedOut - désormais comme élément statutaire par excellence...

Ce récit prospectif est par essence spéculatif et inexact. Cependant, les possibilités décrites ici sont en germe dans les projets d'aménagement et les avancées technologiques observés en 2015.


Le monde de Félix incarne un idéal pour les cadres et travailleurs parfaitement à l'aise dans un monde tertiarisé et virtualisé... : celui de la suprématie du choix et de la performance individuels.


Cependant, les questions RH et enjeux de management que recèle le quotidien (à venir) de Félix sont nombreux et sans réponses aujourd'hui :

  • Comment une entreprise se définit-elle ?

  • Quels éléments et quelles relations fondent sa culture ?

  • Qu'est-ce qu'un siège social ou un immeuble de bureaux dans un monde fondé sur le travail en réseau et l'ubiquité ?

  • Sur que(s) levier(s) statutaire(s) jouer pour cultiver la motivation ?

  • Comment animer une équipe virtuelle combinant des professionnels aux statuts différents ?

  • Dans quels lieux réunir équipes et collaborateurs ?


Ces questions nous passionnent. Rencontrons-nous pour en discuter !


Guillaume SAVARD

Associé Fondateur

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